vendredi 16 septembre 2016

L´identité nationale vue par le Père Venard

Chronique KTO - septembre 2016

Identité nationale : un débat inévitable

N'en doutons pas, l'identité nationale, que cela nous plaise ou non, sera un des thèmes majeurs, dans les débats qui accompagneront les futurs élections de 2017 dans notre pays : hommes et femmes politiques, journalistes, spécialistes, ne cesseront de disserter, de se disputer sur ce sujet.

Comme chrétiens un double devoir nous pousse à entrer dans ce débat.

D'abord parce que notre foi le réclame. Le catéchisme de l'Eglise catholique nous le rappelle : l'amour de la Patrie est un devoir de charité. la charité nous oblige donc, dans le contexte dramatique que traverse notre pays à cette question centrale : qu'est-ce que la France, qu'est-ce qu'être Français ?

Ensuite, car, à moins d'être de mauvaise foi, notre foi chrétienne, l'Eglise catholique à laquelle nous appartenons, ont joué un rôle fondamental, pour ne pas dire fondateur, dans l'histoire de notre pays, pour forger nos traditions, nos valeurs, nos institutions, bref, notre Patrie. Et c'est une urgence de la rappeler et d'y participer, au nom de notre foi et de l'histoire si particulière de la France.

Cette même foi catholique nous évitera dans cet engagement deux écueils.

Par le principe d'Incarnation, nous ne suivrons pas une forme de mondialisation relativiste, dans laquelle hommes et institutions ne sont que des moyens d'enrichissement pour une oligarchie sans foi ni loi.

La vision transcendante de notre ultime patrie, le Royaume des Cieux, nous interdira de développer un nationalisme idolâtre de l'Etat, et nous permettra de conserver une hauteur de vue proprement catholique, française, universelle !

Chers amis, pour reprendre le titre d'un livre récent d'un de mes confrères, "engagez-vous" !



Sur KTO :

https://youtu.be/MgXPi9kEV18?t=767



dimanche 4 septembre 2016

Sainte Teresa de Calcutta

Un chemin  tout simple


Toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous les avez faites ". A elles seules, ces paroles du Christ résument toute la vie de Mère Térésa qui sera canonisée ce mois-ci.

Comment ce petit-bout-de-bonne-femme, issue de l'Albanie, un des pays les plus démunis de la planète, a pu devenir un géant de la charité au XXe siècle ? Dieu seul a le secret de telles aventures. Pendant les années de sa vie apostolique, et aujourd'hui encore, Mère Térésa interroge chacun de nous, de son regard profond et plein d'amour : et toi que fais-tu pour tes frères les plus démunis ?

La radicalité de son engagement, la force d'amour qui l'habitait, l'extrême humilité qui rayonnait en elle, tout en elle bouscule notre confort, nos habitudes, notre manière de concevoir les petits accommodements d' une vie de foi qui ne nous dérangerait pas trop. Comme tant de saints que nous côtoyons, mois après mois, Mère Térésa nous enseigne que seule la prière quotidienne, persévérante et fidèle, fonde solidement l'action apostolique.

Le Pape Benoît XVI, lors de sa béatification dira : " la bienheureuse Thérèse de Calcutta est un exemple particulièrement manifeste que le temps consacré à Dieu dans la prière, non seulement ne nuit pas à l'efficacité ni à l'activité de l'amour envers le prochain, mais en est en réalité la source inépuisable ".

Pourtant l'on sait maintenant qu'elle vécut, cinquante ans, ce que les théologiens appellent la "nuit de la Foi", c'est-à-dire cette impression crucifiante de l'absence de Dieu. Quelle leçon pour nous autres, trop souvent demandeurs de "sentiments", de "ressenti" dans nos vies liturgiques et spirituelles. Comme tous les grands spirituels, Mère Térésa est en même temps ancrée dans le réel - on se rappellera toujours avec émotion et humour sa détermination à nettoyer les toilettes partout où elle passait, même dans les avions ! 

Elle nous a laissé, entre autres, en quelques lignes un modèle de vie chrétienne :

" Le fruit du silence est la prière - Le fruit de la prière est la Foi.
Le fruit de la Foi est l'Amour. Le fruit de l'Amour est le service.
Le fruit du service est la paix "


Nous savons donc ce qu'il nous reste à faire pour, à sa suite, œuvrer en ce monde à plus de paix.

mardi 9 août 2016

Le monde est Stone


Les quelques lignes (http://fr.aleteia.org/2016/08/02/le-pape-francois-et-la-violence-catholique-stupefaction-reflexion-et-reverence/) que j'ai écrites pour donner à la fois mon sentiment et tenter de comprendre les paroles du Saint-Père, au sujet de la violence, de l'islam et du catholicisme, dans l'avion qui le ramenait de Cracovie vers Rome, m'ont valu d'abondants échanges. J'ai été frappé de la violence de certains, même si, acteur régulier des réseaux sociaux, je n'ignore pas combien d'internautes profitent du relatif anonymat que leur procure ce moyen de communication, pour déverser leur haine, leur colère ou leur souffrance parfois. 



A ceux d'entre eux qui ne sont pas catholiques, je répondrai ceci. Vous avez un droit absolu de critiquer les positions du Pape François, voire même de les combattre ; nonobstant, me semble-t-il, la politesse et la déférence dues à un chef d'Etat (fût-il l'un des plus petits du monde) et au chef de plus d'un milliard et demi de croyants à travers la planète. Non seulement vous avez ce droit, mais, votre critique peut s'avérer constructive. J'ai noté, ici ou là, des réflexions intéressantes, de la part de personnes ayant une bonne connaissance du monde de l'islam, ou de la géopolitique.

A ceux qui sont catholiques, je veux dire, ma stupéfaction devant la brutalité et l'indigence de certains propos. Du #pasmonpape - absurde si l'on se dit catholique, ou bien changez de religion et il est alors inutile de le préciser ! - aux subtilités byzantines sur la portée ou non des paroles pontificales en dehors du magistère solennel -ex cathedra -, il y a là pour le moins un refus de l'autorité suprême du Souverain Pontife et de l'adhésion que nous lui devons, du fait même de l'immédiateté universelle de son pouvoir sur chaque fidèle baptisé. Certes, les propos "politiques" du Pape ne nous engagent pas de fide - et heureusement -, mais la manière dont nous les abordons, comme catholiques, ne peut se faire comme si nous discutions les thèses de tel ou tel politique français. L'amour et la révérence que nous devons porter au Saint-Père nous obligent à une lecture la plus positive possible - pia interpretatio - de l'ensemble de ses interventions. Si nous n'y parvenons pas, alors il nous est nécessaire de pratiquer avec humilité un acte de foi. Non pas forcément de foi quant au contenu même des propos - s'il ne s'agit pas d'un enseignement ex cathedra - mais un acte de foi en la personne du successeur de Pierre. Pour être provocant : je préfère me tromper en suivant le Pape - sauf si ma conscience me l'interdit... je renvoie là à saint Thomas d'Aquin - que d'avoir raison contre lui ! Ubi Petrus, ibi Ecclesia. Là où est Pierre, là est l'Eglise. Cette règle ne souffre pas d'arguties. Si ma petite intelligence me rend impossible une adhésion formelle et publique, alors il vaut mieux entrer dans le silence et la prière que donner le spectacle scandaleux de fils dénaturés critiquant publiquement leur père...




Enfin, un autre élément m'a frappé - ou plus exactement me frappe - dans nombre de controverses entre catholiques. L'art de la disputatio est un art éminemment catholique. Il n'est que d'observer la méthode d'un Thomas d'Aquin pour s'en convaincre ! Mais précisément, le même Thomas, après avoir montré la pluralité des opinions sur tel ou tel sujet, après avoir donné sa propre solution, cherche toujours à exposer comment les uns et les autres avaient perçu tel ou tel aspect de la vérité recherchée. C'est que la pensée catholique ne peut jamais se satisfaire de l'univocité ; car cette vérité qu'elle recherche est in fine une personne, et quelle personne ! Dieu lui-même fait homme en Jésus-Christ. Bien malin celui qui prétendrait, sur cette basse terre, en avoir fait le tour et la posséder tout entière ! Ainsi, en comparant le Pape François à Pie XII, je ne crois pas avoir dit que le Pape François était Pie XII. Et si je veux bien admettre que comparaison n'est pas raison, certains de mes contradicteurs, veulent-ils bien réaliser que le contexte géopolitique actuel est aussi radicalement différent de celui des années 1939-1945 ? La parole publique des Pontifes ne peut être exactement la même ! C'est aussi simple à comprendre que le changement de ton du Magistère romain au sujet des "droits de l'homme" entre la fin du XVIIIe siècle et la moitié du XXe siècle !


Aussi, pour m'appliquer ce principe, je reprends volontiers à mon compte, une autre hypothèse, suggérée par l'un de mes correspondants, pour essayer de saisir la portée des fameux propos du Pape François. Je suis, en fait, autant gêné que beaucoup, par ces propos ; surtout le déni des dangers de l'Islam. Mais c'est que le Pape a un point de vue radicalement différent du nôtre. Il vient d’Amérique du Sud. Je ne crois pas, comme certains, qu’il ignore les difficultés concrètes à cohabiter avec les musulmans dans les cités de nos villes ou au Moyen-Orient, mais son analyse géopolitique n’a pas les mêmes références que la nôtre. Ce qu’il veut, c’est nous inciter à nous placer, comme lui, du côté des pays pauvres de la planète, de ceux qui n’ont pas le pouvoir macro-économique ni militaire. Ce faisant, il se place aussi du côté des pays musulmans qui, excepté quelques puissances pétrolières - en réalité très tributaires aussi de nos économies occidentales -, sont les jouet des puissants. L’Amérique du sud ayant vécu cela, de révolutions en révolutions, d’attentats en attentats pour finalement faire toujours le jeu des marchés financiers, il lui est arrivé de dire que l’on devient terroriste surtout quand on pense n’avoir pas d’autre choix pour améliorer son sort. C’est peut-être une analyse simpliste, mais c’est la ligne habituelle du Saint-Père : nous inciter à entrer dans le point de vue des plus pauvres. La question qui suit immédiatement dans l’interview et la réponse viendraient appuyer cette analyse. Et si cette analyse me permet de rester proche du Pape et de sa pensée, je veux bien la faire mienne aussi !

jeudi 4 août 2016

Saint Jean Marie Vianney

Modèle des prêtres





L'anecdote est réelle et se déroule dans les années 1980. Des fidèles scandalisés par les comportements de certains de leurs prêtres, s'en ouvrent à leur cardinal archevêque, et finissent leur discours en prenant l'exemple du saint curé d'Ars pour montrer à quel point leurs pasteurs s'en éloignaient. La réponse du cardinal fuse : "oh vous savez, le Curé d'Ars, c'était pour le XIXe siècle !" 

Quelques jours seulement après, le Pape Jean Paul II publiait sa lettre du jeudi saint, toute centrée sur la figure du... Curé d'Ars, modèle toujours actuel pour les prêtres de notre temps ! "Nous avons plus que jamais besoin de son témoignage, de son intercession, pour affronter les situations de notre temps où, malgré un certain nombre de signes d'espérance, l'évangélisation est contrariée par une laïcisation croissante, où l'on néglige l'ascèse surnaturelle, où beaucoup perdent de vue les perspectives du Royaume de Dieu, où souvent, même dans la pastorale, on se préoccupe trop exclusivement de l'aspect social, des objectifs temporels." (Jean-Paul II, Lettre aux prêtres, jeudi saint 1986). 

En méditant la vie de Jean-Marie Vianney, chaque prêtre peut trouver des raisons d'espérer et de progresser ; chaque fidèle des motifs pour s'émerveiller de la grandeur du sacerdoce catholique et pour prier en faveur de ceux qui en sont porteurs, ô combien fragiles dans leur humanité. "Saint Jean-Marie Vianney apporte une réponse éloquente à certaines remises en question de l'identité du prêtre (...) Le prêtre trouve toujours, et de façon immuable, la source de son identité dans le Christ Prêtre. Ce n'est pas le monde qui fixe son statut, au gré des besoins ou des conceptions des rôles sociaux. Le prêtre est marqué du sceau du sacerdoce du Christ, pour participer à sa fonction d'unique Médiateur et Rédempteur. Alors, à cause de ce lien fondamental, s'ouvre au prêtre le champ immense du service des âmes, pour leur salut dans le Christ et dans l'Église." (op.cit.)
Modèle des prêtres





L'anecdote est réelle et se déroule dans les années 1980. Des fidèles scandalisés par les comportements de certains de leurs prêtres, s'en ouvrent à leur cardinal archevêque, et finissent leur discours en prenant l'exemple du saint curé d'Ars pour montrer à quel point leurs pasteurs s'en éloignaient. La réponse du cardinal fuse : "oh vous savez, le Curé d'Ars, c'était pour le XIXe siècle !" 

Quelques jours seulement après, le Pape Jean Paul II publiait sa lettre du jeudi saint, toute centrée sur la figure du... Curé d'Ars, modèle toujours actuel pour les prêtres de notre temps ! "Nous avons plus que jamais besoin de son témoignage, de son intercession, pour affronter les situations de notre temps où, malgré un certain nombre de signes d'espérance, l'évangélisation est contrariée par une laïcisation croissante, où l'on néglige l'ascèse surnaturelle, où beaucoup perdent de vue les perspectives du Royaume de Dieu, où souvent, même dans la pastorale, on se préoccupe trop exclusivement de l'aspect social, des objectifs temporels." (Jean-Paul II, Lettre aux prêtres, jeudi saint 1986). 

En méditant la vie de Jean-Marie Vianney, chaque prêtre peut trouver des raisons d'espérer et de progresser ; chaque fidèle des motifs pour s'émerveiller de la grandeur du sacerdoce catholique et pour prier en faveur de ceux qui en sont porteurs, ô combien fragiles dans leur humanité. "Saint Jean-Marie Vianney apporte une réponse éloquente à certaines remises en question de l'identité du prêtre (...) Le prêtre trouve toujours, et de façon immuable, la source de son identité dans le Christ Prêtre. Ce n'est pas le monde qui fixe son statut, au gré des besoins ou des conceptions des rôles sociaux. Le prêtre est marqué du sceau du sacerdoce du Christ, pour participer à sa fonction d'unique Médiateur et Rédempteur. Alors, à cause de ce lien fondamental, s'ouvre au prêtre le champ immense du service des âmes, pour leur salut dans le Christ et dans l'Église." (op.cit.)

lundi 1 août 2016

Un modèle pour les éducateurs



















Saint Jean Bosco nous accompagne en ce mois d'août. Voilà un choix doublement heureux. D'abord à cause de l'actualité des affaires de pédophilie qui entachent l'église catholique de France. Or Jean Bosco est un modèle d'éducateur et démontre que l'on peut être prêtre, consacré au Seigneur dans le célibat, et œuvrer toute sa vie dans la proximité et en faveur de jeunes gens. Allons plus loin, Don Bosco fut même un précurseur en ce domaine, et d'influents politiques italiens, plutôt hostiles à cette époque à la religion, seront de fervents défenseurs de Jean Bosco, de ses œuvres et de ses intuitions pour l'éducation de la jeunesse. Don Bosco n'est pas le seul, mais sa personnalité, son engagement particulier en faveur des enfants et des adolescents, en font un modèle éminent pour tous les éducateurs chrétiens, et de manière spécifique pour les prêtres. En contrepoint, sa passion pour les jeunes âmes, son dévouement pour les amener à la vertu et à l'amour du Christ, nous démontrent, s'il le fallait, l'horreur criminelle commise par ces consacrés dévoyés qui cherchent à abuser des jeunes âmes, en se parant de l'autorité morale que leur confère le sacerdoce. Que la prière de Don Bosco vienne réconforter tous ceux qui cherchent, avec un vrai zèle apostolique, à éduquer les jeunes et à les conduire vers la Foi.

Cette éducation revient en premier lieu aux parents. C'est notre deuxième raison de réjouissance. En cette période estivale, combien de parents s'arrachent les cheveux avec leurs enfants, pour maintenir une vraie vie de Foi, malgré toutes les tentations propres au temps des vacances. Le bréviaire offre, chaque année pour la fête de Don Bosco, une magistrale lettre de lui, écrite à ses confrères. " Il est toujours plus facile de s'irriter que de patienter, de menacer un enfant que de le persuader ! Je dirai même qu'il est plus facile pour notre impatience et pour notre orgueil, de châtier les récalcitrants, que de les former en les supportant (...) Dans les cas très graves, il vaut mieux vous recommander à Dieu, lui adresser un acte d'humilité, que de vous laisser aller à un ouragan de paroles qui ne font que du mal à ceux qui les entendent, et d'autre part ne procurent aucun bénéfice à ceux qui les méritent".  Que la prière de saint Jean Bosco vienne en aide à tous les parents chrétiens en ces temps de vacances !